La graphologie un outil idéal pour mieux connaître nos ancêtres

Un article de Laurence Baudot  – graphologue et graphothérapeute -  pour Généasens

Aller plus loin en psychogénéalogie grâce aux écritures et signatures laissées par nos ancêtres

Bien souvent nous ignorons tout du passé de notre famille. Pourtant, sans nous en rendre compte, nous revivons des situations douloureuses inscrites dans notre arbre généalogique. Grâce à la psychogénéalogie et à l'étude des écritures de nos ancêtres nous pouvons sortir de ces répétitions et trouver notre propre voie.

Quoique nous en pensions, nous ne sommes pas des individus isolés. Nous sommes tous issus d’une famille avec ses défauts et ses qualités. Mais si nous ne connaissons pas nos racines notre croissance est inhibée et nous revivons de façon répétitive des situations douloureuses appartenant au passé. L’objectif d’un travail en psychogénéalogie est de découvrir cet arbre généalogique dont nous sommes issus, puis de mettre en lumière ses zones d’ombre pour sortir des impasses de notre vie actuelle. En effet, l’enquête généalogique nous permet d’enrayer ces répétitions par une meilleure connaissance de nos racines sur lesquelles nous pouvons enfin nous appuyer. En reprenant notre place dans notre arbre généalogique nous pourrons y puiser ce qui nous permettra de croître harmonieusement. Pour cela, il est nécessaire de mener une enquête approfondie en remontant sur quatre générations. Pour commencer nous allons rechercher les actes d'état-civil (naissances, mariages et décès) de nos ancêtres, ainsi que les témoignages de ceux qui ont pu les connaître. Nous inscrirons le résultat de nos recherches sur un arbre généalogique que nous aurons pris soin de disposer de la façon suivante : nos ascendants au-dessous comme fondation et nous-mêmes et nos descendants au-dessus, car il est impossible de grandir avec nos ascendants placés au dessus de nous, c’est une inversion des responsabilités qui impose aux enfants d’être les racines des parents qui veulent rester les ultimes fruits. Il n’y a alors pas de futur possible. Notre première responsabilité est précisément d’assumer notre rôle de parents, ce qui implique un soutien affectif et matériel inconditionnel.

Il faut étudier les dates, noms et prénoms, lieux, contextes historiques (les guerres en particuliers) et recenser les liens et répétitions que l'on découvre parmi ces informations. Les métiers, passions et modes de vie apportent également de précieux éléments de compréhension, ainsi que des clés pour résoudre nos difficultés. Nous comprenons alors que celles-ci ne sont pas dues au hasard, mais qu'elles sont l'expression de perturbations généalogiques. Si ces difficultés non résolues de l'arbre généalogique réapparaissent dans nos vies, il nous incombe de les résoudre, faute de quoi, elles seront transmises à nos descendants. Ce sont des défis que nous pouvons surmonter et il est certain que ce que l'on résout dans le présent est définitivement réglé et ne pèsera plus, ni sur nous, ni sur nos descendants.

Il est important de comprendre que notre arbre généalogique constitue un réservoir dans lequel nous pouvons puiser des richesses souvent insoupçonnées. Pour tirer le meilleur parti de ces richesses il nous faut approfondir la connaissance que nous avons de nos ancêtres en allant au-delà des témoignages recueillis.

La graphologie constitue un outil idéal pour mieux connaître nos ancêtres lorsque nous possédons leurs écritures et signatures.

 Chaque écriture est unique et révélatrice de la personnalité de celui qui l’a tracée. Des documents écrits et si possible variés (lettres, carnets divers, documents administratifs, etc.) sont indispensables pour pouvoir faire une véritable analyse graphologique et découvrir le caractère de l'ancêtre tel qu'il était réellement et non tel que la légende familiale se souvient de lui. Ainsi nous découvrirons des aspects de sa personnalité, positifs ou négatifs, ignorés ou passés sous silence. L’écriture, Ce geste personnel, grâce à sa fixation sur le papier qui a traversé le temps, est parfois ce qui nous reste de plus révélateur et de plus objectif, car non déformé par une transmission orale. Changer la vision que l’on a d’un personnage de notre arbre entraînera nécessairement une nouvelle perception de notre vie et donc de nouvelles possibilités à explorer. La réduction de la distorsion entre la légende et la réalité nous permet de sortir de fantasmes stériles pour entrer dans une phase de présence véritable au monde et de construction personnelle. Même si nous ne retrouvons pas de documents écrits, les signatures portées sur les actes d’état-civil sont à observer avec la plus grande attention et pourrons déjà nous révéler certains traits de caractère, ainsi que l’état émotionnel dans lequel ils se trouvaient par exemple le jour de leur mariage. Parmi les documents récoltés, les signatures figurant sur les actes de naissance et de mariage sont de précieux témoignages de ce qu’étaient nos ancêtres à ces instants décisifs de leur vie. Par exemple, la simple position de la signature de la mariée par rapport à celle du marié nous en apprend déjà beaucoup sur les relations des nouveaux époux. Des signatures très éloignées, abîmées, trop hésitantes, tâchées, témoignent des réticences et des appréhensions à s’engager dans une union qui a toutes les chances de s’être révélée néfaste par la suite.

Il est très intéressant de réunir les écritures et signatures recueillies pour dresser l'arbre généalogique des écritures familiales sur un seul support afin de bien les visualiser, et de faire apparaître les liens entre les individus qui pouvaient nous avoir échappé auparavant. Nous observerons en particulier les ressemblances et signes qui se transmettent d'une écriture à l'autre et que l’on peut également retrouver dans notre propre écriture. Une lettre déformée de façon identique par tous les membres d’une même famille peut condenser toutes les problématiques transmises depuis des générations. Ces « signes fantômes », sont des formes symboliques, qui une fois déchiffrées, nous ouvrent à une nouvelle compréhension entraînant une prise de conscience libératrice. Ces sont les traces visibles, dans nos écritures, des problématiques généalogiques non résolues et encore agissantes dans nos vies. Il faut les examiner attentivement pour en comprendre la signification. Des exercices à partir de ces formes ou "signes fantômes" permettront de nous libérer des blocages généalogiques dont ils sont porteurs. Ces traces d’ancêtres sont en effet d’indéniables liens qui nous rattachent à eux. A travers la reconnaissance de ces signes graphiques, une chance nous est offerte de prendre conscience de blocages ancestraux et de pouvoir les transformer par un travail adéquat.

L'auteur

Laurence Baudot est graphologue et graphothérapeute. Passionnée par la psychogénéalogie, elle s’est formée auprès d’Elisabeth Horowitz et de Pascale Reynaud avec qui elle a coécrit "Sur la piste de nos ancêtres"

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